Kriill, les crustacés les plus rock de l'océan
- Clotilde Carterot

- 14 juil. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 juil. 2025
En mars dernier je rencontrai Kriill, trio composé d’Eliott, Richard et Klar. Formés au conservatoire, ils ont donné vie à un projet porté par une quête de lien et une impression vertigineuse d’être de minuscules fragments flottant dans l'univers.
C’est juste avant leur montée sur scène au Zénith de Dijon que j’ai pu discuter avec eux. Ils accompagnent Jean-Louis Aubert en première partie sur toute sa tournée, jusqu’en décembre. Klar est au chant et aux claviers, Eliott à la guitare, et Richard aux percussions.
Rencontre avec un trio qui explore le monde à travers le son.

Un mot pour représenter votre projet ?
Klar : Cinématographique
Eliott : Océanique
Richard : Onirique
Kriill ? Ça vient d’où ?
On est passionnés de nature, de vivant, d’univers, de métaphysique et on a un grand vertige face à l'œuvre de la nature. Le krill c’est un crustacé, qui habite dans les océans et qui se regroupe en essaim de milliards d’individus. Ils ont beau être minuscules, en se regroupant comme ça on peut les voir depuis l’espace. C’est ce genre de chose surprenante qu’on célèbre en faisant notre musique.
Comment l’aventure a commencé entre vous ?
On s’est rencontrés au conservatoire de Paris en musique actuelle amplifiée et on a accroché petit à petit. Notre projet a eu plusieurs formes jusqu’à atteindre celle de Kriill en 2018. On a sorti notre premier album en 2020 “Kriill”, éponyme.
Vous étiez accompagnés ?
On a toujours été en full indé mais on était en licence avec un petit label pour la sortie de cet album. Niveau compo et prod c’est que nous.
Aujourd’hui on a notre propre label Plancton Records (rires), peut être que plus tard on accompagnera d’autres artistes. On prend tous ceux qui ont des noms d’animaux ! (rires)
Comment avez vous vécu ce premier projet ?
Exceptionnel, ça a dépassé toutes nos attentes. Bien que ce soit la période covid, il a eu une très belle vie. Une chanson a buzzé sur tiktok. On était derrière nos ordis à être spectateurs.
“Listen to the whale” est sorti en février. Qu’est-ce qui vous a inspirés pour ce deuxième album ? Quelles émotions vouliez vous véhiculer ?
Quand on est en résidence, le soir on se fait écouter des trucs qu’on a fait chacun de notre côté la journée et on construit nos titres comme ça. On a ce petit rituel. Mais on n’a pas de cahier des charges au départ. On l’a découvert en le faisant cet album. Mais on a plus pensé à l’aspect live que sur le précédent. Globalement on est plus rock sur cet album, y’a plus de guitare.
Quand il s’agit d’écriture, comment ça se passe entre vous ?
Klar : C’est un peu pareil, chacun arrive avec ses idées. Par exemple sur le morceau “Every Word You Say” il y a un couplet de refrain que j’ai écrit pendant le confinement. Puis Eliott et Richard m’ont poussé à faire le couplet. Et après il nous fallait absolument un pont, dont on a accouché tous les 3.
Si vous deviez citer un moment unique pendant vos résidences ?
C’est le moment du soir : quand on se présente les morceaux qui ont émergé la journée. On fait ça dans une grange abandonnée ou y’a juste de l’électricité et de l’eau. C’est l’endroit le plus ghetto possible. Y’a des frelons, des oiseaux. Richard s’est fait réveillé par le bruit des pas d’une araignée sur le polystyrène. On se fait des feux et des bbq avec des légumes marinés. Et on fait énormément de tournois de croquet.
Votre amitié vous aide à comprendre les idées des autres ?
Oui mais on ne peut pas s'appuyer dessus.
Vous écoutez les mêmes choses ?
Oui et non. On a des influences communes genre le rock anglais, le trip hop genre Massive Attack, the Do, Gorillaz, Radiohead. En meuf Bjork. Des trucs anciens à 3 voix : Queen. Mais aussi la Música Popular Brasileira (le répertoire commun du Brésil).
Qu’est-ce qui vous attend après cette tournée ?
On ne s’arrête jamais de créer. Surtout dans la dynamique de tournée c’est important de garder des bulles. Bientôt on repart en résidence et on a hâte.
Votre meilleur souvenir de live ?
Richard : Je pense que c'était la Maroquinerie après le confinement. C’était un de premiers concerts où le public nous a explosé les oreilles et j’étais impressionné. Une folie furieuse.
Klar : Quand on a joué à Lola Palooza car on a eu un accueil hyper chaleureux. Même si on ouvrait, y’avait des gens qui attendaient notre set. Beaucoup de soleil et une belle communion entre nous 3.
Eliott : Pour notre premier concert à Bordeaux, la salle faisait 300 places… et il y avait 10 personnes dans le public. Un énorme moment de solitude mais ça forge. L’anecdote c’est qu’on va refaire cette date.
Et en tant que spectateur ?
Klar : Sad Night Dynamite. Concert de dingue. On était sous champi. C’était exceptionnel.
Eliott : The Do au Zenith, incroyable.
Richard : Rodrigo Cuevas au Café de la Danse.
C’est quoi votre lien avec Jean Louis Aubert ?
Eliott : j’ai coproduit son dernier album donc j’ai passé presque 2 ans avec lui en studio. Puis il a découvert Kriill en concert et il a adoré. A la sortie de notre premier album il a fait notre première partie.
Ça vous fait quoi de jouer devant des milliers de personnes ?
C’est un truc de fou. Mais c’est moins stressant de jouer devant 10 000 personnes que 300.



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