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METRODISC🪩

"On est passionnés de nature, de vivant, d’univers, de métaphysique et on a un grand vertige face à l'œuvre de la nature."

Richard, membre du trio Kriill

 

INTERVIEW DISPO <3 

  • Photo du rédacteur: Clotilde Carterot
    Clotilde Carterot
  • 29 oct. 2024
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 déc. 2024

"Je raconte les maux qui m'écorchent le corps."



l'interview


25.10.2024, 17h30


Rencontre avec Nastasia Paccagnini aka Crenoka.


Crenoka est le projet solo de Nastasia, ancienne membre de Boys in Lilies et Thé Vanille. Le 29 février dernier sortait son premier album eidolon. Nous avons cueilli Crenoka un aprem, juste après ses balances pour le Festival MV à La Vapeur. Sur sa proposition, nous nous sommes assises au fond du jardin, sur le goudron, en tailleur, à la cool. On avait le chemin de fer dans le dos et l'écho des répet qui faisaient fureur dans la salle mais le climat était doux, ensoleillé pour une fin de mois d'octobre. 


Qui es tu ? 

Crenoka – Je m’appelle Nastasia Paccagnini, je suis une personne qui vient de la planète Terre. Crenoka est un projet pop presque hyperpop dans lequel je raconte les maux qui m’écorchent le corps. J’essaie de ne pas trop raconter d’histoires tristes car il y en a suffisamment.  


D’où vient ton nom, Crenoka ?

Crenoka – Crenoka a vu le jour à une période où le référencement google était compliqué. À cette époque, à la Tranchée (le nom de sa coloc à Tours nous précise-t-elle), on s’amusait à parler en “blorg”, un genre de charabia, et ma coloc a sorti le mot Crenoka. J’ai tout de suite adoré. 


Tu as fait partie du groupe Boys in Lilies, puis Thé Vanille, qu’est ce qui t’as poussé à te lancer seule ? Est-ce plus simple lorsqu’on est seule à la barre ?

Crenoka – Mon premier groupe a démarré en 2012. À cette époque j’étais en études de lettres, j’aurais voulu être doctorante mais la vie a fait que j’ai fait une petite dépression donc j'ai tout arrêté. J’ai fait une rencontre qui m’a permis de constituer un groupe avec deux autres nanas : Boys in Lilies. C’est avec ce groupe que j’ai fait mes armes et avec lequel j’ai beaucoup tourné. Ensuite j’ai rencontré les garçons de Thé Vanille. Encore une fois : le fruit du hasard. Ils cherchaient une chanteuse et j’ai dit let’s go. On a tourné comme des malades ! Elle prend le micro et renchérit “Ouai on a tourné comme des porcs !” en rigolant. Crenoka est né.e pendant le covid. Je me retrouve seule et je me dis bon, il faut que je fasse du son. Richard le directeur du label Figure Libre m’a contacté. Il avait retrouvé des maquettes et voulait qu’on fasse un vinyle. J’ai commencé toute seule, puis j’ai vite rencontré Pierre Cheguillaume qui travaille avec plein d’artistes dont Zaho de Sagazan. On a bien matché artistiquement. L’album eidolon c’est vraiment “Chegue”, et moi.

C’est carrément plus simple de mener la barre seule. La musique est un métier d’égo, donc si l’on ne travaille pas sur soi, ça ne marche pas. Aujourd’hui c’est mon projet, je suis à l’écoute de mon équipe, mais y’a une clarté dans les postures de chacun.


Ton premier album s’appelle eidolon, quelle en est la signification ?

Crenoka – eidolon, j’en ai donné la définition. C’est la notion de simulacre, d’idée, d’illusion. Je cherchais un nom d’album qui donnait un effet fantomatique, de rêverie. J’aimais beaucoup cette idée de fantasme, car dans cet album il y a beaucoup de choses dont j’ai envie. Ça fait bizarre de dire ça pour Timothée (Chalamet, rapport à son titre “the wanderer, a song for timothée chalamet”), mais le chien, l’amour, les amitiés… En cherchant c’est aussi le nom d’une chauve-souris et j’adore les chauves-souris. 


Les titres “chasing dreams” et “cinderella” renvoient à la rêverie, c’est un thème qui t'inspire?

Crenoka – Ouai c’est ma Lune en Verseau. J’aime l'astrologie. Le Verseau est un signe hyper vaporeux, beaucoup dans la rêverie, dans l’idéalisation... en hauteur. Et comme mon signe solaire c’est d’être une bonne vierge bien pieds sur terre, j’adore avoir cette dimension.


D’autres thèmes t’inspirent ?

Crenoka – J’adore écrire de la science-fiction, j’ai beaucoup écrit autour de l’IA et sur ce qui nous rend humains avant eidolon. Aujourd’hui, avec eidolon on revient sur terre. Je retrouve Pierre à Nantes, j’ai deux jours et j’écris sur les trucs pas cools qui me sont arrivés. Sinon je parle de Timothée, j’ai eu ma période.. complètement révolue. Mais lui, Harry Styles ou Tom Holland me fascinent car ils réinventent la masculinité. J’ai aussi pas mal de ref pop culture; Buffy contre les Vampires par exemple.


Le titre “Ouh”, ça pourrait être un tube non ?

Crenoka – C’est un tube ! on rit. Ce titre c’est full inspiration Madonna, mais aussi Cindy Lauper et les Beastie Boys et leur morceau “Girls”. Je voulais un truc un peu rock.




Quelles sont tes inspirations musicales, tu écoutais quoi petite ?

Crenoka – Je qualifie mon style comme de la pop. Je dirais même de la pom-pom pop parce que ça bouge un peu. Je suis une énorme fan de Madonna, celle de la fin des années 90, début 2000. Les albums sortis en 97, 2000 et 2003 sont des albums que j’écoute encore beaucoup aujourd’hui. Après, je pense à Fatboy Slim. Je rêverai de le voir en concert. Mais aussi les Daft Punk dans l’album Discovery, Avril Lavigne ou encore les All Cents avec le son “Pure shores”, il faut que tu écoutes, c’est le son de La Plage avec Leonardo diCaprio. 


Chanter en anglais, c’est plus simple pour toi ?

Crenoka – I grew up in the United States. Mon père était pilote de chasse et a été muté en Arizona quand j’avais 4 ans. Je suis rentrée en France à 8 ans mais ça a été hyper suffisant pour m’imprégner de la langue, de la culture. En rentrant en France je ne parlais plus français. L’anglais m’est resté. Je me parle et m’exprime en anglais. En plus, j’écoute que des gens qui chantent en anglais donc quand j’écris c’est plus naturel en anglais. Écrire et chanter en français c’est super dur. Y’en a peu qui savent le faire. C’est difficile de réussir à faire sonner les mots en français. Rebeka Warrior le fait super bien, Zazie à une époque aussi..mais ce n’est pas quelque chose qui me parle.


Niveau compo, tu travailles avec Pierre Cheguillaume, comment ça fonctionne entre vous ?

Crenoka – On part d’une page blanche. On se retrouve en studio. La dernière fois je voulais utiliser un TB 303, un synthétiseur basse. Il s’est arrangé pour me reproduire un son similaire sur un synthé. Quand il commence à composer, je l’aiguille sur ce que j’aime et ce que j'aime moins. Puis je commence à écrire. C’est 80% lui pour la compo. Moi je m’y retrouve sur l’écriture et les arrangements. On se complète bien.


T’es musicienne ?

Crenoka – Je n’excelle dans aucun domaine mais je sais jouer d’un peu de tout. Aujourd'hui la démocratisation de la composition avec les logiciels permet à n’importe qui de créer donc c’est cool.


Pour quelles raisons utilises-tu l'autotune ?

Crenoka – J’ai commencé à utiliser l’autotune avec Boys in Lilies et j’ai kiffé. J’adore cette esthétique. Mais clairement ça donne d’autres possibilités, ça permet d’improviser et d’aller sur des chemins que tu n’aurais pas forcément empruntés.


Tu es une femme, une artiste émergente, as tu rencontré des difficultés ?

Crenoka – Je pense que j’ai eu de la chance. J’ai eu des trucs un peu chiants relatifs à mon expression de genre mais je ne me laisse pas faire donc je m’en fous. Ça change petit à petit. Quand je faisais du rock, j’ai remarqué qu’il y avait très peu de femmes, et que des mecs blancs cis. Ça fait un peu agglutinement de personnes qui se ressemblent. Aujourd’hui on pète le plafond de verre. Y’a beaucoup plus de techniciennes femmes, etc. Dans mon cas, le fait d'être l'une des rares femmes a, au contraire, joué en ma faveur. Tu sors du lot tout de suite. Si on peut garder un point positif. Quand on a fait Boys in Lilies, on était trois nanas, on s’appelait “boys” un peu exprès et ça nous a carrément propulsé parce qu’on était le seul groupe de trois meufs. 


Que prépares-tu pour la suite, as-tu des projets pour 2025 ?

Crenoka – Grave. J’aimerais bien sortir un EP l’année prochaine. J’ai pour l’instant 5 à 6 titres à sortir au printemps, je pense. 


Tu l’as ce chien maintenant ? 

Crenoka – Et bah non ! Par contre, je profite des chiens de mes potes. C’est comme les enfants. Les enfants des autres, c’est super.




 
 
 
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